Le secteur éducatif tunisien connaît une nouvelle escalade qui menace la stabilité de l’année scolaire. La Fédération générale de l’enseignement de base, relevant de l’UGTT, a décidé d’observer une grève sectorielle générale touchant tous les enseignants du primaire. Prévue pour le mardi 7 octobre 2025, cette action intervient après des mois de stagnation dans les négociations avec le ministère de l’Éducation.
Le syndicat a officiellement adressé un préavis de grève à la Présidence du gouvernement ainsi qu’aux ministres de l’Éducation et des Affaires sociales, affirmant que cette mesure vise à « ouvrir les portes closes de la négociation » et à traiter des dossiers en suspens depuis trop longtemps.
Revendications professionnelles et sociales : Les racines de la crise Selon la Fédération, cette grève s’appuie sur des revendications essentielles pour améliorer les conditions de travail et sauver le système éducatif :
- Amélioration de la situation financière et sociale :
- Révision des salaires et primes : Les enseignants réclament une revalorisation salariale et la création d’une « prime d’effort pédagogique » pour compenser la charge de travail supplémentaire.
- Application des accords : L’activation immédiate des accords précédemment signés pour apaiser un climat social tendu depuis des années.
- Régularisation des suppléants : Le versement des arriérés financiers pour les enseignants suppléants et leur intégration dans un statut professionnel clair.
- Réforme du système éducatif :
- Réforme structurelle et pédagogique : La mise en place d’un programme global pour garantir une éducation de qualité et lutter contre le décrochage scolaire élevé.
- Infrastructures : La réhabilitation des établissements scolaires délabrés qui manquent souvent d’équipements de base.
- Dialogue syndical et crédibilité administrative :
- Appel à un « dialogue sérieux et responsable » après plus de six mois d’interruption, et refus de toute tentative de marginalisation des syndicats dans le processus de réforme.
Une crise enracinée : Le précédent de la rétention des notes Cette grève n’est pas isolée. L’année dernière, la tension a atteint des sommets lorsque 17 000 enseignants et 350 directeurs d’écoles ont décidé de retenir les notes des élèves, refusant de les intégrer sur la plateforme numérique du ministère. Cette crise a révélé le fossé immense entre les parties et son impact direct sur plus de deux millions d’élèves.
La persistance de cette crise met en péril l’avenir des générations futures. L’éducation ne peut être réformée par l’escalade ou l’exclusion, mais par la justice, l’équité et un environnement de travail motivant garantissant la dignité de l’enseignant et le droit de l’élève à un enseignement de qualité.







