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Œufs de consommation en Tunisie disposés dans des alvéoles en carton

Crise des œufs de consommation en Tunisie : les producteurs alertent sur leurs pertes et réclament une meilleure régulation

Le secteur des œufs de consommation en Tunisie traverse une période difficile, marquée notamment par la hausse des coûts de production et les difficultés rencontrées par les éleveurs. Le coordinateur général de la Confédération tunisienne des agriculteurs et des coopérateurs, Houssem Kadoura, a récemment mis en garde contre les conséquences de cette situation sur l’avenir de la filière.

Selon lui, la poursuite des pertes financières pourrait pousser certains agriculteurs à abandonner progressivement cette activité. Une telle évolution risquerait, à terme, de réduire le nombre de producteurs présents sur le marché et de favoriser une concentration de l’activité entre les mains d’un nombre limité d’opérateurs.

Le coût de production des œufs atteint environ 220 millimes

Intervenant mardi dans l’émission « Menek Nesmaa », Houssem Kadoura a insisté sur la nécessité de mettre à jour le coût réel de production des œufs de consommation.

Il estime actuellement ce coût à environ 220 millimes par œuf, tout en précisant que cette estimation ne prend pas pleinement en compte certaines difficultés supplémentaires auxquelles les éleveurs ont été confrontés, notamment les coupures d’électricité et les vagues de chaleur enregistrées durant l’été.

Ces facteurs peuvent avoir un impact important sur les conditions d’élevage et sur les charges supportées par les producteurs. Dans une activité où la régularité de la production est essentielle, les perturbations liées aux conditions climatiques ou aux problèmes d’alimentation électrique peuvent également entraîner des dépenses supplémentaires et affecter les performances des élevages.

Un écart important entre le prix à la production et le prix au détail

Le responsable professionnel a également évoqué la différence entre le prix auquel les producteurs écoulent leurs œufs et celui payé par les consommateurs dans les points de vente.

D’après les chiffres avancés par Houssem Kadoura, quatre œufs sont actuellement vendus au niveau de la production autour de 840 millimes, alors que leur prix au détail se situe entre 1 200 et 1 400 millimes.

Cette différence constitue, selon lui, un problème qui mérite d’être examiné dans l’ensemble de la chaîne de distribution. Le producteur doit en effet supporter les différentes charges liées à l’élevage, à l’alimentation des volailles et au maintien de son activité, tandis que le produit est ensuite commercialisé à un prix sensiblement plus élevé.

La formation du prix final ne dépend toutefois pas uniquement du producteur. Elle prend également en compte plusieurs étapes entre la sortie de l’élevage et l’arrivée du produit chez le consommateur, notamment le transport, la distribution et la vente au détail.

Le risque d’un départ de plusieurs producteurs

L’une des principales préoccupations exprimées concerne le risque de voir certains éleveurs quitter la filière si les conditions économiques ne s’améliorent pas.

Pour Houssem Kadoura, l’abandon progressif de l’activité par une partie des agriculteurs pourrait avoir des conséquences importantes sur l’équilibre du marché. La diminution du nombre de producteurs pourrait notamment entraîner une concentration accrue de la production.

Il met ainsi en garde contre le risque de voir l’activité se retrouver entre les mains d’une minorité d’acteurs, une situation qu’il considère susceptible de favoriser la mise en place d’une économie de rente dans le secteur.

Au-delà de la situation des producteurs, cette évolution pourrait également poser la question de la disponibilité des œufs sur le marché et de leur évolution future pour les consommateurs tunisiens.

Une proposition de quotas pour mieux contrôler la production

Pour faire face aux déséquilibres du secteur, le coordinateur général de la Confédération tunisienne des agriculteurs et des coopérateurs préconise la mise en place d’un système de quotas équitable et obligatoire pour les producteurs d’œufs de consommation.

L’objectif serait de déterminer le volume d’activité de chaque producteur en fonction des besoins réels du marché et de l’évolution de l’offre et de la demande.

Une meilleure programmation de la production pourrait permettre d’éviter certains déséquilibres entre les quantités produites et les capacités d’absorption du marché. Elle pourrait également offrir davantage de visibilité aux producteurs lorsqu’ils planifient leur activité.

Houssem Kadoura insiste toutefois sur un point essentiel : la programmation doit être appliquée de manière rigoureuse afin que les règles fixées puissent réellement produire leurs effets.

Une filière confrontée à plusieurs défis

La situation actuelle montre que les difficultés du secteur des œufs ne se limitent pas à la question du prix payé par le consommateur. Elles concernent également les coûts supportés par les producteurs, les conditions d’élevage, les aléas climatiques, l’énergie et l’organisation de la chaîne de commercialisation.

Pour les professionnels du secteur, l’enjeu consiste donc à trouver un équilibre entre plusieurs objectifs : permettre aux agriculteurs de poursuivre leur activité dans des conditions économiques viables, assurer une production régulière et préserver un prix raisonnable pour le consommateur.

La révision du coût de production et une meilleure organisation de l’offre figurent ainsi parmi les pistes avancées pour tenter de stabiliser la filière.

À plus long terme, la pérennité du secteur dépendra notamment de la capacité des différents intervenants à trouver un équilibre entre les intérêts des producteurs, les exigences du marché et le pouvoir d’achat des consommateurs.

La question des œufs de consommation reste donc au cœur des préoccupations du secteur agricole tunisien. Les prochaines décisions concernant la programmation de la production, les coûts et l’organisation de la commercialisation pourraient être déterminantes pour éviter que les difficultés actuelles ne se transforment en une crise plus profonde de la filière.

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